La vaccination est un outil essentiel de prévention sanitaire en élevage porcin. Elle vise à protéger les animaux contre les maladies infectieuses en stimulant leur système immunitaire. Toutefois, la mise en place de cette immunité peut parfois s’accompagner de réactions indésirables appelées chocs vaccinaux.
Ces réactions sont influencées par trois grands facteurs :
• la composition du vaccin,
• la concomitance avec la digestion,
• le déroulement de la séance de vaccination.
Voici quelques recommandations pratiques pour réduire au maximum les chocs vaccinaux tout en maintenant une protection efficace des animaux.
Le vaccin
Le principe d’une vaccination est de générer une réponse immunitaire sans provoquer d’effets indésirables. En réalité, ces deux phénomènes sont souvent liés : un vaccin plus « réactogène » induit généralement une réponse immunitaire plus marquée. Il s’agit donc d’un équilibre risque/bénéfice.
Dans la composition d’un vaccin, certains éléments sont plus susceptibles de provoquer un choc vaccinal :
• certains antigènes (par exemple, des bactéries Gram -),
• certains excipients, comme les adjuvants huileux.
👉 Exemple : le vaccin truie contre la rhinite atrophique est connu pour être particulièrement « choquant ».
Bonnes pratiques pour limiter les réactions :
• Réchauffer les doses avant utilisation, idéalement pour les amener à environ 30 °C.
o Sortir les flacons 12 h avant et les placer en post-sevrage.
o Les sortir seulement 2 h à température ambiante n’est pas suffisant.
• Attention aux vaccins vivants : la capsule doit rester au réfrigérateur jusqu’au dernier moment, seul le diluant peut être réchauffé (cf. consignes de votre vétérinaire).
• Ne sortir que les doses réellement nécessaires. Un vaccin réchauffé ne doit jamais être remis au réfrigérateur.
• Tout flacon entamé doit être utilisé le jour même ou éliminé, conformément à la législation.
La concomitance avec la digestion
Après un repas, la température corporelle d’une truie augmente de façon physiologique. Si une vaccination est réalisée à ce moment, les deux phénomènes s’additionnent et majorent le risque de réaction.
Recommandations en cas de risque de chocs :
• Vacciner des truies à jeun depuis au moins 6 heures est moins risquée.
• Ne pas distribuer d’aliment pendant la séance ni immédiatement après.
• En prévention, il est possible d’administrer systématiquement un antipyrétique (aspirine, paracétamol) le jour de la vaccination et le lendemain (cf. vétérinaire traitant).
Les bonnes pratiques de vaccination
a. Le choix des aiguilles
Les aiguilles doivent être adaptées à l’âge, au poids et au produit :
• Cochettes : 40/12
• Truies et verrats : 50/08, 50/11 ou 50/13
👉 Privilégier des aiguilles fines (diamètre 0,8 ou 1,1 mm) pour limiter la douleur et améliorer le confort de l’animal, en utilisant si possible un prolongateur. Pour les produits plus épais, un diamètre supérieur est nécessaire.
Nombre d’animaux par aiguille :
• Reproducteurs : 1 aiguille par animal.
• Porcelets : 1 aiguille pour 10 animaux maximum.
Un changement fréquent d’aiguilles permet de réduire la propagation de maladies (ex. SDRP), la formation d’abcès et la douleur d’injection.
b. Les seringues
• Utiliser une seringue dédiée par produit pour éviter les mélanges et résidus.
• Identifier les seringues au marqueur indélébile.
c. Les prolongateurs
Les prolongateurs offrent confort et sécurité en permettant :
• d’injecter à distance lorsque l’animal est mobile,
• de limiter le risque d’aiguilles tordues ou cassées,
• d’améliorer la sécurité lors de manipulations dans des espaces restreints.
Ils doivent être changés régulièrement, idéalement à chaque séance.
d. L’entretien du matériel
Après chaque utilisation :
• Rincer à l’eau chaude pour éliminer les résidus.
• Si possible, stériliser (bain-marie 10 minutes ou stérilisateur).
• Ne pas utiliser de désinfectants mal rincés (risque de détruire les vaccins vivants).
• Lubrifier les joints de piston avec de l’huile siliconée.
• Stocker dans un endroit sec, propre, et si possible au réfrigérateur.
e. Le temps consacré à la vaccination
Une séance de vaccination doit être menée dans le calme et sans précipitation.
Le stress (bruits, agitation, nervosité) accentue les réactions des animaux.
Si le temps ou la disponibilité manquent, il vaut mieux reporter la séance ou déléguer la tâche.
Conclusion
Limiter les chocs vaccinaux repose sur une combinaison de mesures : une bonne gestion du vaccin, le respect du jeûne avant vaccination et l’application de règles rigoureuses lors de la manipulation du matériel. Ces bonnes pratiques améliorent à la fois le bien-être des animaux et la qualité de la réponse vaccinale, garantissant ainsi une meilleure protection sanitaire de l’élevage.
Pour toute question ou adaptation de protocole, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire traitant.