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Hyperprocifilité

L’hyperprolificité

L’augmentation exponentielle des nés vifs observée sur les lignées hyper-prolifiques (plus de 20 nés totaux pour les élevages les plus performants) n’est pas sans conséquence.

1/ La durée moyenne des mises-bas a augmenté de 150 minutes par rapport aux génétiques classiques (de 3 à 5 h elle est passée à 6 à 9 h) avec en corollaire une augmentation des mort-nés.

L’étude présentée ci-dessous montre que plus le dernier repas est éloigné du début de la mise-bas, plus la durée de mise-bas augmente (en lien avec un besoin énergétique accru).

Graphique extrait de l’Afmvp 2019 – Emma Baxter

2/ En parallèle, on constate une baisse des poids moyens de naissance (- 35 g à -45 g / par porcelet supplémentaire)  avec une proportion plus importante de porcelets légers. Le tableau ci-dessous montre la sensibilité accrue de cette catégorie de porcelets au froid.

Graphique extrait de l’Afmvp 2019 – Emma Baxter

3/ On observe d’autre part un nombre important de porcelets IUGR (porcelets avec restriction de croissance utérine) reconnaissables à leur front bombé et yeux exorbités : on estime leur nombre à environ 20%.

4/ La quantité de colostrum n’est cependant pas corrélée avec la taille de portée ; l’ingéré recommandé par porcelet est au minimum de 250 g (pour une quantité inférieure à 200 g, le taux de pertes est multiplié par 6).

Quantité de colostrum ingéré en fonction de la qualité des porcelets à la naissance
 normalMédium IUGRSévère IUGR
0-12 h193 g106 g58 g
12-24 h73 g59 g45 g

 

En conclusion, nous observons en élevage plus de petits porcelets et de porcelets immatures d’où un risque accru de mortalité néonatale, mais aussi une proportion importante de porcelets ayant un déficit immunitaire, donc plus sensibles aux infections.

Comment essayer de gérer cette situation ?

1/ Truie

  • Améliorer le déroulement de la mise-bas en permettant à la truie de construire un nid : la mise à disposition d’une toile de jute permettra d’accentuer le comportement maternel des truies, d’augmenter la production naturelle d’ocytocine et de prolactine et d’accroître l’ingéré de colostrum par les porcelets.
  • Distribuer de l’eau dès la veille de la mise-bas (objectif 20 litres) : le colostrum est constitué à 80% d’eau !
  • Pour assurer un apport énergétique réparti dans la journée, il est conseillé de distribuer dès l’entrée en maternité (si cela est possible) 3 repas par jour et à minima 2 sans réduire les quantités à l’approche du terme.
  • Eviter le stress thermique en maintenant la température de la maternité aux environs de 22°C (neutralité thermique de la truie de 18 à 25°C).

2/ Porcelets

  • Assurer un confort thermique localisé à 30-32°C à la mise-bas, sécher les porcelets dès la naissance si possible avec un soin particulier apporté aux petits porcelets.
  • Pratiquer des tétées alternées.

3/ Post-sevrage

  • Respecter les normes zootechniques :

– Dans le cas de porcelets plus nombreux au sevrage, deux possibilités existent : soit vendre du porcelet soit réduire le nombre de truies à la mise-bas pour garantir le respect de la densité.

– Dans le cas de porcelets plus légers au sevrage, augmenter les consignes de chauffage à l’entrée en post-sevrage.

4/ Immunité

La baisse d’immunité  des porcelets favorise l’expression clinique de pathologies qui étaient « contenues » jusqu’alors : la vaccination du troupeau de truies contre les pathologies qui auront été diagnostiquées (colibacillose, clostridium, rhinite) reste un excellent moyen de protection.

Les autovaccins fabriqués à partir de prélèvements  sur porcelets en maternité ou en post-sevrage (arthrites, streptocoque, trueperella …)  sont une voie en développement dans la maîtrise du sanitaire. L’administration aux truies avant mise-bas pour transmettre l’immunité via le colostrum permet pour un coût minime d’avoir un résultat intéressant.